L’année 2025 marque un tournant décisif pour de nombreux fonctionnaires qui s’apprêtent à franchir le cap de la retraite. Contrairement à leurs homologues du secteur privé qui bénéficient d’indemnités de départ substantielles, les agents publics se trouvent dans une situation bien différente. Cette disparité soulève des questions légitimes sur l’équité entre les secteurs et mérite une clarification complète des dispositifs en vigueur.
La position gouvernementale demeure inflexible concernant l’instauration d’une prime de départ à la retraite pour les fonctionnaires. Aucun texte législatif ou réglementaire n’institue actuellement une indemnité de départ à la retraite dans la fonction publique, que ce soit pour la fonction publique d’État (FPE), territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH).
Cette absence de dispositif contraste fortement avec le secteur privé, où les salariés bénéficient automatiquement d’une indemnité sous certaines conditions. Le gouvernement a récemment confirmé qu’il n’envisage pas, à ce stade, de créer une telle prime au sein de la fonction publique territoriale.
Les raisons de cette absence
Plusieurs facteurs expliquent cette position gouvernementale. L’état des finances publiques constitue un élément prépondérant dans cette décision. Instaurer une nouvelle dépense obligatoire pour toutes les collectivités représenterait un coût considérable que l’exécutif ne souhaite manifestement pas assumer.
Le complément indemnitaire annuel : une alternative limitée
Bien qu’il n’existe pas de prime de départ formelle, les employeurs territoriaux disposent d’une certaine marge de manœuvre grâce au complément indemnitaire annuel (CIA). Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (Rifseep).
Fonctionnement du CIA
Le CIA permet aux employeurs territoriaux de valoriser la valeur professionnelle, l’investissement personnel ou la contribution au collectif de travail d’un agent proche de la retraite. Cependant, les montants accordés dans ce cadre s’avèrent généralement modiques et nettement inférieurs aux indemnités du secteur privé.
De nombreuses collectivités locales versent déjà à leurs fonctionnaires une gratification lors du départ à la retraite, mais ces montants restent symboliques comparés aux véritables primes d’ancienneté du privé.
Comparaison avec le secteur privé : un écart significatif
Le contraste avec le secteur privé est saisissant. Les salariés du privé bénéficient de deux types d’indemnités selon les circonstances de leur départ.
Indemnité de départ volontaire
Pour un départ volontaire à la retraite, l’indemnité est accordée aux salariés justifiant d’au moins 10 ans d’ancienneté. Le montant varie selon la durée de présence dans l’entreprise :
- Entre 10 et 15 ans : 0,5 mois de salaire
- Entre 15 et 20 ans : 1 mois de salaire
- Entre 20 et 30 ans : 1,5 mois de salaire
- Plus de 30 ans : 2 mois de salaire
Indemnité de mise à la retraite
Lorsque l’employeur impose le départ à la retraite, l’indemnité est plus généreuse. Elle correspond à un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis un tiers de mois de salaire par année à partir de la 11ème année.
Impact fiscal des nouvelles mesures 2025
L’année 2025 apporte également des modifications concernant le prélèvement à la source sur les pensions de retraite. Les services de l’administration fiscale recalculent annuellement le taux de prélèvement à la source (PAS) en fonction des éléments de la dernière déclaration de revenus.
Actualisation du taux PAS
Cette actualisation intervient en septembre ou octobre et peut affecter le montant net des pensions perçues. Les retraités constatant une variation de leur pension doivent vérifier si cette modification provient d’un ajustement du taux de prélèvement à la source.
Pour toute question relative à ce prélèvement, les retraités peuvent consulter le site impots.gouv.fr ou contacter le service au 0 809 401 401. Il est crucial de signaler tout changement de situation au centre des impôts compétent.
Perspectives d’évolution pour 2025 et au-delà
Malgré les revendications récurrentes, l’instauration d’une véritable prime de départ à la retraite dans la fonction publique semble compromise à court terme. Les contraintes budgétaires et la volonté de maîtriser les dépenses publiques constituent des obstacles majeurs.
Alternatives possibles
Certaines pistes pourraient néanmoins être explorées sans créer de nouvelle charge financière massive. L’assouplissement des règles du CIA ou l’autorisation de primes forfaitaires encadrées représentent des options pragmatiques.
Les collectivités pourraient également développer des dispositifs d’accompagnement non financiers, comme des formations de préparation à la retraite ou des services de conseil personnalisé.
Quelle stratégie adopter en tant que fonctionnaire ?
Face à cette réalité, les fonctionnaires approchant de la retraite doivent adapter leur stratégie financière. Il convient de ne pas compter sur une hypothétique prime de départ et de privilégier d’autres leviers d’optimisation.
Optimisation de la carrière
Maximiser ses trimestres cotisés, négocier les meilleures conditions de fin de carrière ou valoriser son expérience dans le cadre du CIA constituent des approches plus réalistes que l’attente d’une indemnité substantielle.
Cette disparité entre public et privé reflète les spécificités de chaque secteur, mais interroge également sur l’équité de traitement des salariés français. Bien que les fonctionnaires bénéficient d’autres avantages (stabilité de l’emploi, régimes de retraite spécifiques), l’absence de reconnaissance financière du départ reste un sujet de frustration légitime. L’année 2025 confirme malheureusement cette tendance, laissant peu d’espoir d’évolution rapide de la situation.



