L’expression latine « et cetera » et son abréviation « etc. » posent régulièrement des difficultés orthographiques aux rédacteurs français. Cette locution d’origine médievale, signifiant « et le reste » ou « et les autres choses », s’utilise fréquemment pour clôturer une énumération incomplète. Maîtriser ses différentes variantes orthographiques et ses règles d’usage permet d’éviter les erreurs courantes qui parsèment de nombreux textes.
La locution « et cetera » provient du latin médiéval et se décompose en deux éléments distincts. « Et » signifie « et » tandis que « cetera » correspond à « les autres choses » ou « le reste ». Cette expression était particulièrement prisée des notaires et hommes de loi qui citaient fréquemment de nombreux articles juridiques dans leurs documents.
L’emploi d’et cetera permet d’indiquer qu’une liste contient d’autres éléments non explicitement mentionnés. Cela peut résulter du manque d’espace, de la volonté d’éviter les répétitions fastidieuses, ou simplement parce que les éléments restants sont évidents ou non déterminés.
Les différentes graphies autorisées
Plusieurs variantes orthographiques coexistent pour la forme complète :
- et cetera (graphie moderne la plus répandue)
- et caetera (orthographe traditionnelle latine)
- et cætera (avec ligature typographique)
- etcétéra (nouvelle orthographe francisée)
L’abréviation etc. : règles et usages
L’abréviation « etc. » constitue la forme la plus couramment employée, particulièrement dans les écrits professionnels et techniques. Cette forme condensée facilite la lecture et économise l’espace rédactionnel.
Orthographe correcte de l’abréviation
Règle fondamentale : on écrit toujours « etc. » avec un point final. L’orthographe « etc… » avec des points de suspension est redondante, car l’abréviation et les points de suspension expriment la même idée d’énumération incomplète.
Le point abréviatif est obligatoire puisqu’il signale la troncature de la locution. Cette règle s’applique à toutes les abréviations latines similaires : cf., ibid., op. cit.
Erreurs orthographiques fréquentes
Certaines fautes reviennent systématiquement dans les textes :
- ect. (inversion des lettres)
- cet. (omission du « e » initial)
- etc… (ajout superflu de points de suspension)
- etc.. (double point final)
Règles de ponctuation avec etc.
La ponctuation entourant « etc. » obéit à des conventions précises qu’il convient de respecter pour une rédaction irréprochable.
Virgule avant et après etc.
L’abréviation « etc. » doit toujours être précédée d’une virgule dans une énumération. Cette virgule sépare le dernier élément explicite de l’indication d’incomplétude.
Exemple : Les légumes de saison comprennent les courgettes, les tomates, les aubergines, etc.
Une virgule suit généralement « etc. » lorsque la phrase continue après l’énumération, sauf dans trois cas spécifiques :
- Fin de phrase
- Avant une parenthèse fermante
- Avant un guillemet fermant
Point final et points de suspension
Lorsque « etc. » termine une phrase, le point abréviatif fait office de point final. Aucun point supplémentaire n’est nécessaire. L’ajout de points de suspension après « etc. » constitue un pléonasme à éviter absolument.
Correct : Il pratique plusieurs sports : tennis, natation, cyclisme, etc.
Incorrect : Il pratique plusieurs sports : tennis, natation, cyclisme, etc…
Usage approprié dans les énumérations
L’emploi judicieux d’et cetera respecte certaines contraintes grammaticales et stylistiques qu’il importe de maîtriser.
Nombre minimal d’éléments requis
Une énumération se terminant par « etc. » doit comporter au minimum deux éléments explicites. Utiliser « etc. » après un seul élément constitue une erreur grammaticale, car l’abréviation perdrait son sens d’extension d’une liste déjà amorcée.
Correct : Les fruits exotiques comme la mangue, l’ananas, etc. sont riches en vitamines.
Incorrect : Les fruits exotiques comme la mangue, etc. sont riches en vitamines.
Cohérence catégorielle des éléments
Tous les éléments d’une énumération terminée par « etc. » doivent appartenir à la même catégorie logique. Cette homogénéité permet au lecteur de comprendre intuitivement quels types d’éléments pourraient compléter la liste.
Contextes d’usage et registres
Écriture formelle vs informelle
Dans les textes académiques ou très formels, il est préférable d’éviter « etc. » qui peut paraître vague ou imprécis. Les lecteurs s’attendent à des informations complètes et exhaustives dans ce type de production. Toutefois, « etc. » trouve naturellement sa place dans les écrits professionnels, les courriels et les textes techniques.
La forme développée « et cetera » convient mieux aux contextes solennels ou lorsqu’on souhaite ralentir le rythme de lecture pour créer un effet stylistique particulier.
Usage avec les noms de personnes
L’emploi d’etc. avec des listes de noms de personnes est déconseillé car potentiellement vexatoire pour les personnes omises. On lui préfère l’abréviation « et al. » (et alii) qui signifie « et autres » en contexte académique.
Prononciation et erreurs courantes
La prononciation correcte est « èt-sé-té-ra ». L’erreur fréquente « ek-sé-té-ra » résulte d’une assimilation phonétique courante mais incorrecte. Cette déformation peut influencer l’orthographe et engendrer des fautes d’écriture.
Cette méprise phonétique explique partiellement pourquoi certains rédacteurs inversent les lettres et écrivent « ect. » au lieu d' »etc. »
Cas particuliers et subtilités
Avec les expressions introductives
L’usage d’etc. après des expressions comme « par exemple », « comme », « tels que » n’est pas redondant contrairement à une croyance répandue. Ces introducteurs marquent l’exemplification tandis qu’etc. signale l’incomplétude de l’énumération.
Exemple : Certains légumineuses, telles que les lentilles, les pois chiches, etc., sont riches en protéines.
Répétition dans un même texte
Il convient de ne pas abuser d’etc. dans un texte. Une utilisation parcimonieuse et réfléchie maintient l’élégance du style et évite l’impression de négligence rédactionnelle.
En énumération verticale
Dans les listes à puces ou numérotées, « etc. » reste sur la même ligne que le dernier élément plutôt que de constituer un point séparé.
Maîtriser l’emploi d’et cetera et de son abréviation etc. témoigne d’une solide culture rédactionnelle. Ces règles, une fois assimilées, permettent d’éviter les écueils orthographiques et stylistiques tout en enrichissant l’arsenal expressif du rédacteur. La vigilance reste néanmoins de mise face à cette expression latine dont la simplicité apparente dissimule de réelles subtilités d’usage.


